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Inssufler la parité dans la tech et le monde de l'entreprenariat

Dernière mise à jour : 9 mai

avec Agathe Wautier, CEO de The Galion Project


Comment se faire une place et affirmer son pouvoir d’influence dans un milieu majoritairement masculin lorsque l’on est une femme ? Le monde des startups en général, et des startups de la tech en particulier, n’est pas toujours très accueillant pour ses membres féminins. 


Pour discuter de l’importance de s’y affirmer, notamment pour créer des technologies (et donc un futur) plus inclusives, j’ai eu la chance d’échanger avec Agathe Wautier, cofondatrice et CEO de The Galion Project


Avant de se lancer comme entrepreneure dans ce milieu, Agathe a travaillé pendant 7 ans dans le management chez Orange et, avant ça, dans l’évènementiel. Ensemble, nous avons parlé de ce que cela implique d’être une femme dans un monde d’hommes et de la manière dont on peut faire bouger les lignes vers une plus grande parité. 


 La CEO de The Galion Project partage ses conseils pour arriver à plus de parité dans le monde des startups et des nouvelles technologies.


Le pouvoir d’influencer son environnement 


Si Agathe a eu envie de participer au podcast, c’est avant tout pour partager son expérience et sa vision du pouvoir au féminin. Pour elle, le pouvoir est une question d’influence : être capable de diriger et guider les autres, notamment à travers ses paroles, mais aussi ses actions. 


Le terme d’influence est aujourd’hui un peu galvaudé, en raison de l’usage qui en est fait sur les réseaux sociaux. Mais dans un univers très patriarcal, comme celui de la tech, il revêt une importance cruciale, en permettant aux femmes de se faire une place. 


En dénonçant les comportements sexistes (dans le cinéma, mais aussi dans le monde des start-ups), les femmes ont repris la parole, et donc le pouvoir. Désormais, ces attitudes misogynes sont de plus en plus bannies, et ce même par les hommes qui les jugent eux aussi inacceptables. 


Ce pouvoir d’influence permet de rendre l’arrivée des femmes dans le monde de la tech plus simple, même si elles y restent encore largement minoritaires. En France, seuls 2 % des investissements sont dirigés vers des entreprises fondées ou cofondées par des femmes. 


D’où l’importance de continuer de faire de la pédagogie et de créer des cadres poussant les entreprises à être plus inclusives. Le Gender Agreement, par exemple, participe à faciliter la projection de carrière des femmes ou leur accompagnement autour de la maternité. 



Comment se lancer dans l’investissement quand on est une femme ?


Un autre domaine dans lequel les femmes ont encore des difficultés à s’affirmer est celui de la finance. Même s’il existe de plus en plus de newsletters sur le sujet (on peut citer Plan Cash), ainsi que des collectifs dédiés (Leia Capital ou encore Sista), l’éducation à l’investissement doit commencer bien plus tôt. Les hommes ont en effet bien souvent la possibilité de participer à des wine clubs dès l’école de commerce pour se partager des dossiers et profiter de leurs expériences personnelles. 


Dans sa théorie du pot de yaourt, Titiou Lecoq explique ces disparités par le fait que les femmes touchent bien souvent des revenus inférieurs à leur compagnon. Mais dans le secteur de la tech, elles ont des fonds disponibles et les investissent bel et bien, mais dans des placements beaucoup moins rentables que leurs pairs masculins (le logement, les enfants). 


“Tout ce que je gagne, je le mets dans le foyer. Un soir, mon mari m’a annoncé qu’il avait investi 2 000 € en crypto. Et moi en fait j'ai investi dans la famille depuis des années et jamais je me suis permis de faire quelques investissements que ce soit. Et ça m’a rendu folle. Le soir même, j'avais justement lancé un dîner entre femmes entrepreneurs où il fallait qu'on parle d'investissement et je leur ai raconté ça. Je me suis dit c'est dingue à quel point les hommes sont vachement plus libres vis à vis de l'argent que nous.”

Au-delà de l’éducation et des schémas que l’on reproduit d’une génération sur l’autre, les femmes ont aussi besoin de se créer des réseaux d’entre-aide qui les encouragent à se lancer et les aident à le faire intelligemment. C’est collectivement qu'elles pourront reprendre le pouvoir sur leurs finances et les faire fructifier à partir des échanges qu’elles auront eu entre femmes. 



La sororité pour une parité dans la tech


Cette notion d’entraide féminine est très présente dans la tech, en partie parce que les femmes y sont moins nombreuses, mais aussi parce que ses membres savent se servir des bons outils technologiques pour démultiplier l’impact de leurs prises de parole. 


“Et c'est vrai que lorsqu'on se soutient toutes dans nos actions, dans nos postes, parce qu'on a aussi une génération, on a envie de montrer qu'il y a une sororité versus peut-être des femmes qui sont passées avant nous et qui faisaient beaucoup plus de mimétisme sur les hommes. Nous, on arrive à être un peu plus nous-mêmes. Et comme on est plus nombreuses, on se serre les coudes.”

Plutôt que de se disperser sur des débats internes au féminines, les femmes de la tech se concentrent généralement sur l’impact qu’elles peuvent avoir sur la cause, mais aussi sur la direction que prennent les nouvelles technologies. C’est particulièrement important dans des cas d'usage comme l’IA, qui est aujourd’hui extrêmement sexiste. 


Faites le test de demandez à ChatGPT de donner des conseils en levées de fonds pour les hommes et les femmes. Les premiers auront le droit à de bonnes pratiques en business analytics tandis que les secondes se verront conseiller de se concentrer sur le réseau ou le marketing. Or plus des femmes interviendront dans l’apprentissage des algorithmes d’IA, moins la technologie sera sexiste. 



Construire sa légitimité comme on tisse un manteau


La question de la légitimité, lorsque l’on arrive dans un secteur où les femmes sont encore largement minoritaires, est elle aussi cruciale. Pour Agathe, elle se construit au fur et à mesure, avec beaucoup de persévérance, et surtout de patience. 


“Je dis souvent que la légitimité, c’est un manteau qu'on tisse fils par fils. Au début il est un peu trop petit, un peu trop grand, on l'ajuste. Et puis à un moment donné, on se sent bien dans ce manteau et on sent qu'on est en pleine puissance, en pleine capacité. Moi, c'est avec le travail que j'ai construit ma légitimité en montant mon entreprise, en faisant en sorte qu'elle soit utile pour les entrepreneurs, qu'elle fasse et du chiffre et en même temps qu'elle ait un impact.”

Ce sont aussi nos pairs qui nous donnent cette légitimité. Ce besoin de reconnaissance peut être une source de pression, mais il initie aussi un cercle vertueux qui nous pousse à nous dépasser pour ne pas décevoir. La réciprocité de la légitimité, qui se construit intérieurement autant qu’elle se nourrit du regard des autres, permet aussi de ne pas trop forcer le trait et de faire preuve de patience.  


Il n’en reste pas moins qu’affirmer cette légitimité auprès des hommes demande bien souvent de passer plus en force et d’apprendre à s’affirmer. C’est particulièrement le cas dans un exercice comme le pitch, où les questions posées aux hommes et aux femmes sont très différentes. 


Pour ne pas se laisser paralyser par les biais sexistes, les femmes doivent bien souvent s'entraîner encore plus. Mais cela peut se transformer en avantage, les rendant plus pertinentes et enthousiastes que leurs pairs masculins dans cet exercice. 



Créer un environnement de travail sain et équilibré


Face aux obstacles qui se dressent encore en travers de la parité, mais aussi de la prise de conscience des entreprises de l'importance de la diversité pour leur croissance, de nouvelles initiatives sont mises en place pour accélérer le changement. Agathe a par exemple participé à mettre en place deux textes fondateurs, le Gender Agreement et le Parental Act  pour faciliter l’intégration des femmes dans le monde de la startup et limiter au maximum les inégalités autour de la parentalité


Si ces initiatives sont essentielles, elles ne peuvent pas se faire sans les hommes. Et pour atteindre un consensus, il est bien souvent nécessaire de revoir ses ambitions à la baisse. Ces textes ne sont de plus pas contraignants. Ils donnent des pistes de réflexions et des guides pour créer des environnements de travail plus inclusifs. 


Aux femmes également d’y prendre leur place car sinon, c’est le chien qui se mord la queue. Même s’il est plus facile de s’intégrer dans un environnement plus féminin, c’est en s’impliquant dans la tech que l’on arrivera à la parité. 


Aux hommes aussi d’assumer leur part, et de faciliter la création d’un espace de travail plus facile à naviguer pour leurs pairs féminines. Si beaucoup peuvent s'offusquer des blagues maladroites ou même carrément sexistes de leurs collègues, ils sont encore peu à les recadrer directement. Or malheureusement, ce type de recadrage est souvent mieux entendu lorsqu’il vient d’un homme que d’une femme (à qui l’on fait plus souvent le procès de l’hystérie). 



Ne pas négliger l’importance de la récupération


Pour terminer nos échanges, Agathe partage un conseil aux nouvelles générations de femmes. Elle les invite à ne pas négliger leur récupération et à faire attention à leur équilibre personnel et professionnel


“Tu as une telle décharge d'adrénaline et tu es tellement ambitieux que t'as toujours envie de plus. Et donc il faut savoir se fixer des objectifs qui sont peut-être autre chose que juste battre le énième record, qui ne sont pas forcément toujours dans ton travail mais qui sont ailleurs, Qu'est ce qui se passe après la première énorme levée de fonds ? Après le seuil de la rentabilité ? Comment tu gères tout ça ? C'est hyper important d'être sain et stable dans sa tête parce que sinon, tu peux très vite faire n'importe quoi.”



Voir mes conférences pour insuffler la parité et l'égalité dans votre secteur




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